B & A comme Bloody Anna

La Fille H a proposé à plusieurs d’entre nous un petit exercice sympathique mais pas forcément évident. Il s’agit de se définir à partir des initiales de notre « pseudo »…

J’ai choisi la facilité en prenant les deux lettres du mien, alors que la règle du jeu est : « écrire une liste d’adjectifs vous correspondant plus ou moins et commençant par la première lettre de votre pseudo de blogueuse »

2equals1Alors, on va dire que ce n’est pas grave si vous le voulez bien… et c’est parti !

B comme…

bordélique
bafouilleuse
bancale
barrée (complètement)
baba-cool (ce n’est pas moi qui le dit !)
bienveillante
bizarre
bornée

A comme…

aimante
addict’
active
aliénée
allergique
ambiguë
approximative
arachnophobe
armoricaine
attrayante (il faut bien se jeter des fleurs de temps en temps)
avenante
anti-cons
amoureuse
anti-intolérants (pas pour rien que je suis ambiguë)

 

J’en profite pour partager un morceau de Louise Attaque qui me fait penser à toute cette série d’adjectifs.

Sur ce, participe qui veut 😉

Salauds de pauvres ou de l’assistanat

Que ce soit à la télévision, dans les journaux, à la radio ou bien encore sur internet, le mot « assistanat » est partout !

Mais pourquoi ?

Regardons la définition de l’assistanat via Wikipédia :

Le terme d’assistanat désigne péjorativement un système de redistribution des richesses ou de solidarité, dont les effets pervers ruinent la fonction. Ce terme est utilisé principalement dans le discours politique libéral, souvent à droite.
Le terme est associé à celui d’ « assisté », souvent péjoratif mais pas automatiquement, désignant les bénéficiaires ou, selon le point de vue, les victimes de ce type de système : bénéficiaires si on insiste sur l’avantage accordé (c’est en outre la terminologie officielle), victimes dans la mesure où le système encourage, permet ou oblige leur maintien dans une situation de dépendance sociale peu enviable.
Plus largement, le terme est souvent utilisé pour désigner et critiquer toutes les formes de dérive des politiques d’aide sociale.

Via le Petit Robert :

n.m. 1983 (de assister) péj. Secours donnés aux personnes socialement nécessiteuses.

La majeure partie du temps, lorsque je lis ce mot, il est suivi de « y en a marre de tous ces assistés » pour caricaturer. Et j’avoue que je ne comprends pas. Pourquoi en avez-vous marre, et de quoi au juste ?

Cela vous paraît obscène que des personnes dans le besoin reçoivent une petite aide pour continuer à vivre et ne pas crever de faim ?

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Voici quelques témoignages glanés sur la toile :

« n’avez vous pas remarqué? Certaines personnes preferent regarder la télévision toute la journée avec un paquet de chips à la main et pourquoi pas d’aller faire une promenade dans le parc plutot que d’aller s’embeter à se lever tot le matin, s’embeter dans les transport pour aller travailler toute la journée recevoir des ordres et faire des choses qu’elles n’ont pas envie de faire et rentrer fatigué le soir chez elles. Pour ces personnes là, un HLM, une télé et à manger sont les seuls choses nécessaires. Peut etre qu’elles voudraient plus de temps en temps mais comme elles n’ont vraiment vraiment pas envie de travailler elles se contentent de peu. C’est ce qu’on appelle des losers et il y en a de plus en plus. Tout cela c’est parce qu’il y a trop d’aides de toute part, les gens finissent par faire moins d’efforts, et à devenir plus exigent ( par exemple il leur faut un travail qui leur plaise à tout prix et bien rémunéré et preferent rester assisté pendant tres longtemps et même pour toujours plutot que de chercher un travail qui leur plairait moins et moins rémunéré mais qui pourtant est disponible). Il y en a meme qui ne cherchent plus du tout apres un certain temps car ils ont pris leurs habitudes avec peu d’argent, et qu’ils se disent que finalement c’est pas si mal et que c’est mieux que de travailler. »

source

Il y a même une page Facebook consacré à ces « profiteurs », c’est trop d’honneur là, vraiment !

Mes questionnements :

Est-ce par jalousie que certains critiquent les personnes recevant des aides ? Par aigreur ? Par incompréhension ? Est-ce qu’ils se sentent lésés d’une manière ou d’une autre ? Est-ce que, inconsciemment, ils voudraient être à la place de ceux qui bénéficient du RSA par exemple ?

Parce que s’il y a critique, il y a forcément une raison mais laquelle ?

Je n’ai toujours pas de réponse à cette question.

Cela étant dit, j’ai fouiné pour trouver des documents attestant que les aides sociales ne sont qu’une goutte d’eau dans les finances de notre pays, et que non, les personnes assistées ne vivent pas comme des nababs.

Ce serait bien de remettre les choses à leur place au lieu de se contenter de la facilité en tapant toujours sur les plus faibles comme Laurent Wauquiez a pu le faire en disant que l’assistanat était « un cancer de la société ». Il y va fort tout de même mais passons.

Alors…

NON, la France ne distribue pas plus d’aides sociales que les autres pays européens, certains pays dépensent même plus que nous.

NON, on ne gagne pas plus d’argent en touchant les minima sociaux qu’en travaillant.

Encore un cliché qui a la vie dure. Il n’est pas possible en pratique de cumuler les minima sociaux pour atteindre des revenus supérieurs à ceux d’un smicard. Le RSA, qui remplace depuis 2009 le RMI, est conçu pour ne pas dépasser 62 % du smic, avec un bonus en fonction du nombre éventuel d’enfants.

NON, les étrangers ne bénéficient pas facilement de ces aides.

(…) il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du RSA si on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne. Pour les ressortissants de l’UE, ce délai est de trois mois, et ceux-ci ne peuvent prétendre au RSA s’ils sont entrés en France pour y chercher un travail (…)

source

En ce qui concerne les personnes ne voulant pas travailler…

« Ce qui surprend le plus les employeurs ? La précarité choisie. En Vendée, un petit patron du BTP s’étonne : «J’ai du mal à faire signer des contrats à durée indéterminée à mes salariés. »

source

Travailler dans le bâtiment est loin d’être une sinécure, c’est le meilleur moyen pour avoir le squelette brisé à 45 ans, trop chouette comme corps de métier. Je ne dis pas qu’on en a pas besoin, je dis que ce n’est guère étonnant que des gens refusent ce genre de contrat et qu’il n’y a pas à s’en indigner. C’est un métier ingrat, alors oui, beaucoup préfèrent le CDD où ils auront des primes (histoire de payer un ostéopathe qui fera de son mieux pour réparer les dégâts…) et pourront avoir quelques jours de repos entre deux missions. Entre porter des charges lourdes toute la journée ou être collé derrière un bureau, il y a un monde… que certains refusent de voir.

Autre très bonne idée…

« Pour ceux qui ont le profil et qui refusent (des) postes, il faut appliquer la loi : suspendre les allocations dès qu’un chômeur refuse deux offres d’emploi raisonnables. »

Comme si le Pôle Emploi proposait la majeure partie du temps des offres raisonnables… Ceux qui connaissent ce système savent qu’ils peuvent nous proposer des emplois à 100 bornes de notre domicile et ce même si on leur a signifié qu’on ne disposait pas de moyen de locomotion. Je ne compte pas les jeunes diplômés à qui l’on propose de castrer des poulets alors qu’ils ont un doctorat en histoire, certes ils peuvent accepter, beaucoup le font, mais est-ce vraiment raisonnable de faire ce genre de propositions ? Est-ce qu’il serait indigne de la part de ces personnes de vouloir un peu plus de temps pour chercher et trouver un job dans leur branche ?

Donc, si on applique la loi, on doit couper les vivres à ces personnes… Bien, bien. Cela va certainement nous avancer.

Des profiteurs ? Où ça ?

« Par méconnaissance, par honte, ou devant la complexité des dispositifs, des milliers d’ayants-droit ne réclament pas les prestations auxquelles ils pourraient prétendre. Ainsi, 68% des bénéficiaires potentiels du RSA activité ne le demandent pas. »

source

Un article de Marianne…

« L’assistance » est devenue « l’assistanat », remarque Benjamin Griveaux. Les dictionnaires sont les témoins fidèles de l’idéologie de leur temps : dans l’édition 1928 du dictionnaire Larousse, un « assisté » est « celui qui reçoit les secours de l’administration, de l’assistance publique » alors que dans celle de 2011, être « assisté », c’est « être à la charge de la collectivité ». On ne vient plus en aide aux pauvres, on les supporte.

Mais qui sont et que pèsent ces pauvres, si lourds à porter sur nos épaules ?

Qui sont ces « » dont Nicolas Sarkozy parlait en novembre 2011 ? Lorsqu’il affirme que « oui, frauder la Sécurité sociale, c’est voler. Ce n’est pas simplement abuser du système ou profiter de ses largesses. C’est voler chacun et chacune d’entre nous, chacun et chacune d’entre vous. »
Quels sont les effets de cette dont Laurent Wauquiez parlait en mai 2011 ? Lorsqu’il affirme que « l’assistanat est un cancer » et que « aujourd’hui, un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic. »
Benjamin Griveaux, « pour en finir avec le choix de français de la pauvreté », répond en démontant une à une les idées reçues sur les plus démunis.

AU VOLEUR !

Benjamin Griveaux nous rappelle que lorsque le terme « assisté» est utilisé, il renvoie « non seulement aux exclus du marché du travail, mais également aux personnages âgées vulnérables ou à celles en situation de handicap. »

Pour rappel, les personnes âgées bénéficiant du minimum vieillesse reçoivent 708,95 € par mois, les personnes handicapées, 711,95 €. Un bénéficiaire du RSA célibataire perçoit 466,99 €. Quant aux demandeurs d’asile et anciens détenus, « deux catégories étrangement réunies par le miracle de notre réglementation », ils ont droit à 329,41 €. Des sommes qui font rêver les travailleurs, pour sûr !

En France, environ 3,2 millions de personnes bénéficient d’aides sociales. Pourtant, 13,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (moins de 954 € par mois), soit 8,2 millions de personnes. De plus, près d’un bénéficiaire potentiel sur trois ne touche pas le RSA faute d’en avoir fait la requête. L’Etat, qui se plaint d’en faire trop, pourrait en donner davantage si les ayant-droits étaient plus soucieux de leur sort.
Mais, tendons leur la main, ils demanderont le bras, n’est-ce pas ? Aucun doute. A écouter la droite, ce sont les « assistés » qui nous vident les poches. Pourtant, la cour des comptes estime le nombre d’allocataires fraudeurs à 0,77 %, moins d’1 % des bénéficiaires d’aides sociales !

Le coût des fraudes ? 3 milliards d’euros.

Une somme non négligeable, la droite l’a bien compris. Mais elle sait aussi que les « voleurs » sont tenus de rembourser le trop-perçu lorsqu’ils sont découverts. Ainsi, en 2011, sur 675 millions d’euros de fraudes démasquées, 505 millions ont été récupérés. 

Cela fait toujours 2,5 milliards de perdus… Mais qu’en est-il des fraudes fiscales ? De ceux qui auraient les moyens de payer, mais qui ne le font pas ? Facture : entre 25 et 30 milliards d’euros par an.

Les fraudes fiscales coûtent dix fois plus cher que les fraudes sociales.
Une vérité, selon l’auteur, dont la droite est consciente. Comment ne pas voir que le taux de fraude sur l’impôt sur le revenu est de 10 % soit 4,5 milliards d’euros de perdus ? Que la perte en ligne est la même pour l’impôt sur les sociétés ? Et que le taux de fraudes des employeurs sur les prélèvements sociaux coûte à la collectivité entre 8 et 14 milliards d’euros par an ?

AU MENTEUR !

Quand ce ne sont plus les politiques mais les chiffres qui parlent, il est difficile de croire que les « assistés » sont le « cancer » de notre pays. Et il devient surtout impossible de considérer les pauvres comme les véritables « assistés ».

Pourquoi alors M. Wauquiez et M. Sarkozy ferment les yeux sur des évidences ?
Pourquoi M. Wauquiez accuse un couple bénéficiaire du RSA de gagner plus qu’une personne au smic quand il sait que c’est strictement impossible ?
S’indignant contre « l’immigration financière », pourquoi M. Wauquiez a-t-il proposé de réserver le RSA aux étrangers travaillant en France depuis au moins 5 ans, alors que cette mesure est d’ores et déjà inscrite dans la loi sur le RSA qu’il a lui-même supportée ?

Peut-être parce que, comme le rappelle l’auteur : « Les pauvres ne votent pas. Ou, plutôt, ils ne votent plus. »

source

Autres témoignages…

« Pour le sociologue Loïc Wacquant, analysant le discours nord américain en la matière dans le cadre de la promulgation de la « loi sur la responsabilité individuelle et le travail » de 1996, souligne combien ce discours remet « au goût du jour les stéréotypes malthusiens les plus éculés des « mauvais pauvres » » et « réaffirme la fiction selon laquelle il suffirait de raviver par la contrainte matérielle les « valeurs familiales » et l’ardeur au travail des assistés pour vaincre la pauvreté et la « dépendance » dont ils souffrent » »

Quant à tout ce qu’on peut entendre sur les « profiteurs », les immigrés et tous les laissés-pour-compte, je vous invite à lire cet article sur Madmoizelle.com qui nous parle de nos amis « facebookiens » décomplexés.

Bénéficiaires…

Le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ne cesse d’augmenter. Dans l’Oise, au 1er juillet, ils étaient 13 533 à recevoir cette aide. Parmi eux, Kamel, 51 ans, qui réside à Beauvais. Il tire péniblement son chariot rempli de denrées alimentaires. « Des problèmes de santé », souffle-t-il, à la sortie du local des Restos du cœur de la ville-préfecture. Depuis un an et demi, cet ancien gérant de café vit du revenu de solidarité active (RSA) avec sa femme et ses deux adolescents : 720 € mensuels pour toute la famille. Une somme qui leur permet de garder difficilement la tête hors de l’eau mais ne permet pas d’éviter un passage hebdomadaire, été comme hiver, aux Restos du cœur : « On vit très mal avec le RSA, sans aides sociales, on ne s’en sortirait pas, explique Kamel. Il faut changer sa façon de vivre, d’agir. On économise l’eau, l’électricité, la nourriture. Les vêtements sont un luxe. Le superflu n’existe plus. »

source

Christophe touche 410 euros de RSA et 213 euros d’aide au logement. Une fois le loyer payé, il ne lui reste que 290 euros par mois pour vivre. Avec cette somme, il arrive à tenir « à peu près les trois premières semaines ». Quand il est à bout de ressources, sa mère ou des amis prennent parfois le relais, en lui donnant « 20-30 euros » ou des légumes du jardin. « On ne vit pas, on survit. Je fais mes achats une fois par semaine. On fait jouer la concurrence pour payer mois cher. Mais on n’achète que ce qui est nécessaire. La nourriture, quelques habits. Le minimum vital ». Il n’a malgré tout jamais mis les pieds aux Restos du Cœur, préférant laisser cela « aux plus défavorisés, mais à l’avenir »… « Aujourd’hui, tout augmente », reprend-il, et « quand les factures de téléphone, loyer et électricité sont réglées, il n’y a pas de plaisir possible, à part regarder la télé ». Travailler, il ne demande « évidemment que ça », mais pas question de le faire gratuitement, comme l’a proposé Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP. « Si on en arrive là, on travaillerait comme les personnes qui ont été condamnées à des travaux d’intérêt général (TIG) devant un tribunal. Ça serait une injustice sociale, on veut criminaliser les pauvres.

« criminaliser les pauvres », c’est exactement ça, tout est dit…

source

Un article de Madmoizelle…

Le RSA, assistance, dernier recours, ou profit ? Qui sont ces gens qui, chaque mois, tentent de vivre avec à peine plus de 400 € ? Annelise a testé pour vous (dans sa vraie vie, pas pour le fun, n’est-ce pas). Lire la suite ici…

Alors où sont les profiteurs ? Où va votre argent ? Est-ce que les personnes percevant des aides sont à critiquer et/ou à jalouser ? Si vous vous posez encore des questions, n’hésitez pas une seconde, quittez votre emploi, et faites l’expérience du RSA !

Personnellement, dans tout ça, je vois surtout beaucoup de souffrance et d’injustice. Mais chacun voit midi à sa porte comme on dit 😉

Pour aller un peu plus loin, vous pouvez visionner cette vidéo :

Je n’ai pas de smartphone et je suis toujours en vie !

Je fais partie des irréductibles qui ont un téléphone qui leur permet seulement de téléphoner et d’envoyer des textos (voyez comme je suis moderne tout de même ;-))
Je ne peux pas dire que je boycotte les Smartphones, ça me semble vraiment très pratique et ça m’aurait certainement aidée de nombreuses fois. Cependant, malgré ce « manque », j’ai toujours réussi à me sortir de situations périlleuses.

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Je vois cependant des inconvénients aux Smartphones.

Avant l’avènement de ces derniers, il y avait d’autres irréductibles qui boycottaient le simple téléphone portable au nom de : « Avant, ça n’existait pas et on ne s’en portait pas plus mal ».

Désormais, cela s’est transformé en : « Avant, il n’y avait pas de Smartphones et on ne s’en portait pas plus mal ».

Je comprends tout à fait ce genre de revendications, il est vrai que l’on n’a pas besoin d’avoir sans cesse l’œil rivé à son téléphone afin de checker ses derniers mails ou que sais-je encore…

On peut simplement prendre le temps de vivre lorsqu’on sort et regarder ses mails en rentrant chez soi. À moins qu’on ait un job de la plus haute importance, il n’y aura aucune conséquence désastreuse à se déconnecter quelques heures par jour.

Et pourtant…

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Un Smartphone peut se révéler pratique pour de nombreuses raisons.
Comme connaître les horaires de bus, de métro, tramway, train, etc.
Ou encore, éviter de se perdre grâce à leurs fonctions GPS pour certains.
De plus, cela permet de s’occuper.
Que celui qui n’a jamais pesté dans une file ou salle d’attente me jette le premier Smarphone !
Il est en effet possible de lire des journaux en ligne, de tweeter, de bloguer, de prendre des photos, j’en passe et des meilleures.
Conséquemment, l’attente devient beaucoup plus fun !

Alors pour ou contre le Smartphone ?

Contre car je ne pense pas qu’il soit bon de vivre et assister à sa vie derrière un gadget mais pour parce que je crois qu’au fond, je crèverais d’envie d’en posséder un !

Et vous alors ? Pourriez-vous vous passer de votre Smartphone, y êtes-vous réfractaires ? Dites-moi tout !

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Je n’aime pas le magazine Glamour

Oui, ça arrive aux meilleurs d’entre nous, ne pas aimer ce qui est censé être un magazine sympa et a priori pas trop con. Mais là, c’est trop. Je ne sais pas si c’est seulement le dernier numéro qui m’est très déplaisant, mais j’ai trouvé ça vide, creux, et j’ai eu le sentiment qu’on se foutait de ma gueule dans ce magazine avec ces « reportages » aussi inutiles les uns que les autres.

Tout d’abord, en comparaison avec d’autres magazines du même genre, il n’y a justement pas de véritables reportages, pour trouver un sujet qui fait plus de 3 pages et ce, avec du contenu et si possible, intéressant, il faut vraiment fouiller, il doit il y en avoir deux dans ce magazine de plus de 200 pages. Certes, en achetant ce genre de magazines, on sait qu’on ne va pas lire du Proust, mais il y a des limites tout de même.
Ce que l’on trouve principalement dans Glamour : de la pub, de la pub et encore de la pub, puis des pages uniques consacrées à des sujets sans aucun intérêt comme une page sur des célébrités chauves (grand bien leur en fasse), ou bien l’épilation laser à domicile ; je peux concevoir que cela plaise à certaines personnes, qu’elles y trouvent leur intérêt, mais pour avoir comparer avec d’autres magazines féminins, je trouve que le fossé est immense, quid d’un bon reportage sur l’humanitaire en Afrique (je dis ça au hasard), quid des vrais bons plans ? Je doute vraiment que le lectorat de Glamour puisse s’acheter tous les mois des pompes à 400 euros, ou encore une robe à 250 euros, pour ça on a Vogue.
Puis, il y a encore évidemment la vague des régimes, dans quel but ? On doit vraiment peser son pain blanc et son beurre le matin pour prendre son petit dej’ ? On doit porter un jean contenant des micro-capsules afin d’éradiquer la cellulite ?
Il y a également un dossier sur, en gros, « Comment être la plus belle et la plus bronzée cet été » , je trouve ça ridicule, c’est mon avis et je le partage.
De toute évidence, on pourra retrouver tout ceci dans bon nombre de magazines, sauf que j’ai justement remarqué la tendance inverse dans les autres, cela reste encore timide, mais le réveil commence à se faire.
On a pas toutes envie de suivre tout ça à la lettre, on est peut-être très bien dans notre peau, même avec un peu de cellulite et un teint blafard.
Et, une chose m’a surprise dans ce Glamour, on trouve un tacle discret qui se veut drôle sur l’autorisation du mariage pour tous, j’ai trouvé ça relativement indécent, après j’ai conscience que tout le monde n’a pas la même opinion que moi sur cette loi mais retrouver ça dans un magazine qui se veut léger et l’est, je ne vois vraiment pas l’intérêt, sinon réveiller la haine.
Je vais citer :  » J’ai l’étrange impression que pour nous remercier de leur avoir offert notre belle institution sacrée du mariage, les homos nous ont offert en retour leurs belles applications désacralisées du sexe géolocalisé. »
Dans cette phrase, je vois « nous avons offert notre si belle institution du mariage et eux nous ont laissé leurs trucs les plus dégueulasses ». Ah bon ? C’est vous qui leur avez offert ? Tout ça, c’est grâce à Glamour, bah fallait pas hein.
Puis je vois également le paradoxe de l’hétéro « sacré » a contrario de l’homo totalement débridé et sans aucune limite. Je grossis légèrement le trait mais il me semble clair qu’il y a une critique derrière cette phrase même si elle se veut cachée derrière un semblant d’humour, et cela me déplait.
C’est très hétéro versus homo, sans une once de subtilité, comme si tous les homos passaient leurs weekends en boîte échangiste tandis que les gentils hétéros s’occuperaient avec des activités saines.
Je sais, que mon avis n’est probablement pas objectif, il s’agit de mon ressenti en le lisant, je ne jetterais pas la pierre à quiconque appréciera Glamour, ce n’est pas parce que moi je n’y ai trouvé un intérêt que très limité que c’est pareil pour tout le monde. En tout les cas, quitte à acheter un magazine léger, je garde ma préférence pour Grazia et Cosmopolitan, qui sont, à mes yeux, plus travaillés, plus intéressants.
Comme je ne suis pas une connasse 😉 je vais quand même vous dire que dans le numéro de ce mois-ci, Glamour offre un produit Clarins.
Moi, j’ai eu celui-ci, je l’ai pas choisi cela dit, je m’en fichais mais je suis ravie Thérèse !

Un jour prochain, je vous parlerais d’un magazine qui déchire tout, en tout cas, je n’aurais aucune critique à formuler, ça changera. Il s’agit de Causette, c’est un tout autre registre, mais c’est également largement destiné aux femmes.

Si j’ai froissé quelques personnes, je m’en excuse par avance, ce n’était pas le but.

La place

J’ai quasiment toujours été coincée entre deux mondes : celui de ma famille, des gens modestes ayant reçu une éducation simple, et le mien où j’ai eu la possibilité d’aller au lycée, de passer un bac général puis d’enchaîner avec la fac.
Annie Ernaux (photo trouvée ici)
L’auteur, Annie Ernaux, analyse très bien cette scission que l’on peut ressentir ici ; je me retrouve beaucoup dans ce qu’elle a pu écrire :
 Je me dis que voilà, la coupure est à l’intérieur de moi. Ce sont deux mondes irréductibles. La lutte des classes est en moi. J’ai un mode de vie, une façon physique d’apparaître qui est celle de la classe dominante, je vais pas me le cacher. Mais je sais quelle était ma vision de petite fille, d’adolescente, et ce n’est pas réconciliable. Ma mémoire est dans un monde et ma vie est dans un autre et ça, c’est insupportable.
J’adhère également totalement à cette phrase :
 Aujourd’hui, je pense que l’école est un instrument de promotion personnelle pour les classes intellectuelles supérieures, pas pour les autres.
Annie Ernaux a connu des scènes où les différences de classes sociales étaient flagrantes, malheureusement c’est encore le cas aujourd’hui dans certaines situations :
(…) une scène dans un restaurant où les gens riches du groupe sont bien servis car ils prennent le menu à la carte, et nous, personne ne prête attention à nous car nous sommes au menu.
Enfin, une des phrases qui me parle le plus dans cet interview :
Je revis souvent des situations où je me sens exclue, alors que je ne le suis pas. C’est parce que je ne suis pas à ma place, je ne me sens pas à ma place, d’une façon ou d’une autre. Et maintenant, ça ne m’intéresse pas, je n’en souffre plus car ça ne m’intéresse pas d’appartenir à ce monde. Je n’ai jamais voulu en faire partie, sauf au moment où j’ai voulu y accéder. Mais à peine entrée, je n’ai eu de cesse de vouloir en sortir.
Afin de comprendre pourquoi Annie Ernaux a vécu cette souffrance, il faut se reporter à son évolution dans la société ; fille de parents vivant dans un milieu très modeste, ouvriers puis petits commerçants, elle est placée dans une école religieuse où son intelligence est mise en avant, mais elle se retrouve là-bas avec des filles venant de milieux plus aisés, de milieux où les parents ont pu faire de plus grandes études, et elle ne trouve pas sa place, ce qui ne l’a finalement pas empêché d’obtenir une agrégation de Lettres Modernes, mais toujours avec ce sentiment diffus de n’être pas à sa place.
Je me retrouve beaucoup dans cette femme. Il a pu m’arriver d’avoir honte de mes origines, on me l’a même parfois fait ressentir, pas forcément intentionnellement mais j’ai une anecdote qui reste ancrée en moi.
Cela se passait au collège, notre groupe de théâtre devait aller assister à une représentation vers Paris et il fallait des accompagnateurs. J’ai proposé à ma grand-mère de venir car elle aimait aller au théâtre de notre bled (et qu’on était très proche).
Lorsque j’ai dit à mon professeur que ma grand-mère était partante, je me souviens très bien de ses mots « Es-tu sûre que cela va lui plaire et qu’elle ne va pas s’ennuyer car ce n’est pas du théâtre comme on peut en voir ici, c’est plus élaboré » ; ça peut ne paraître rien cette phrase, mais c’est sans doute le résumé de cette coupure toujours ressentie.
Lorsque j’entends dire que la fac s’est démocratisée, je ne suis absolument pas d’accord, il y aura toujours ceux d’un côté qui ont eu des parents qui les ont emmené à l’opéra, voir des expositions, qui avaient une grande bibliothèque, etc. Puis, les autres, qui devront faire quinze fois plus d’efforts parce qu’ils n’ont pas reçu ça en héritage, et lorsqu’on fait partie de ces derniers, on le ressent, constamment, si on est bon en cours, les profs vont s’étonner « parce que quand même, être fille de coiffeuse et cartonner à la fac, c’est bizarre » ; je ne caricature que très légèrement.
Dans le sens inverse, notre famille peut également se sentir flouée, parce qu’on est celle qui réussit, celle qui a l’impression de parler normalement mais à qui on fera répéter trois fois un mot parce que non compris. Celle qui partira de sa campagne pour faire des études supérieures en ville, celle qui ne suit pas le même chemin que les autres qui iront en CAP, BEP, bac pro…
On parviendra ainsi presque à en vouloir à cette fille, nièce, petite-fille, cousine, etc. d’être « différente », on pourra l’accuser de se la jouer, de faire exprès de parler différemment, de prendre les autres de haut, de mépriser les filières professionnelles, etc. Tout ceci peut aller très loin alors que justement, on se pensait en adéquation avec nos origines, notre famille, l’ayant toujours connu, eux, pourront nous rejeter, car se sentant peut-être « abandonnés ».
Finalement, on se sentira étrangère dans les deux mondes, jouant un rôle selon les personnes à qui on devra s’adresser, un vrai jeu d’acteur mais un acteur à qui on ne propose jamais de rôle…
image trouvée ici
Je vous conseille vivement de lire ses ouvrages, je pense notamment à « La Place », un bouquin qui traite très bien de ce sujet, mais le reste est vraiment bien également, n’hésitez pas !