L’avortement est-il un crime ?

Ceci est une réédition d’un ancien article.

“N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question” 

Simone de Beauvoir (années 80), pour aller encore plus loin, un article des Inrocks.

Lorsque l’on parle de l’IVG, il y a toujours quelqu’un pour nous dire que :

  • C’est un acte criminel
  • On s’octroie le droit de vie ou de mort sur autrui
  • Bon nombre de femmes abusent en prenant ça pour une simple contraception.
  • Certes, un accident peut arriver mais qu’il est tout à fait possible d’élever un gamin à 16 ans.
  • Tout ceci est la regrettable conséquence des luttes de « féministes décérébrées ».

J’en passe et des meilleures.

Selon moi, tous ces arguments sont caduques et/ou erronés voire révoltants. De plus, tout cela infantilise (pour ne pas dire criminalise) la femme.

Me concernant, j’estime que l’avis de la femme prime avant toute chose, elle a le droit de disposer de son corps comme elle l’entend, sans devoir subir une éventuelle future interdiction de l’avortement qui se révélerait désastreuse. Pensez aux avortements clandestins, eux, ne cesseront pas, l’information sur la contraception n’en sera pas pour autant renforcée, et les accidents de contraception ne chuteront pas non plus. Si nous en arrivions là, le crime ne serait plus l’IVG mais le meurtre de la femme qui, malgré tout, souhaitera avorter pour des raisons que nous n’avons pas à juger et pourra y laisser sa peau… Les faiseuses d’ange c’est bien joli mais ce sont rarement des médecins expérimentés.

Je pense très sincèrement que pouvoir avoir et élever un enfant quand on le souhaite et quand on se sent prête est un droit. Sans ça, il peut y avoir de nombreux dégâts. Dire que beaucoup de femmes considèrent l’avortement comme une sorte de contraception me semble tout à fait erroné. Il y a un monde entre subir un acte médical lourd et parfois traumatisant (pensez à certains praticiens « orientés » qui ne prendront pas la peine de poser une anesthésie pour « punir » les femmes) et utiliser un contraceptif.

this-is-not-a-person

Ensuite, il me semble essentiel de définir ce qu’est la vie et un être vivant. Prenons comme référence le livre « Pratique de la philosophie de A à Z » (1).

Il est dit de la vie et d’un être vivant qu’il peut se nourrir et se développer (grâce à une relation constante avec le monde extérieur), qu’il peut se reproduire, qu’il est capable, au moins partiellement, de s’auto-réguler (par exemple : sécrétion d’anticorps en cas de maladie ou bien s’auto-réparer comme dans le cas de la cicatrisation).

D’une certaine manière, la vie est « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » (2).

Par ailleurs, ce qu’on appelle un organisme désigne un système existant par soi et dont tous les organes sont interdépendants et ont des fonctions qui concourent à la définition d’un tout.

De fait, ce n’est pas parce que l’on considère que l’embryon est un individu en « pré-formation » qu’on le réduit pour autant à un « vulgaire amas de cellules » (comme on peut si souvent l’entendre) ; tout cela semble être de la manoeuvre rhétorique pour jeter le discrédit sur les personnes étant pour l’avortement. C’est noircir et déformer des propos à défaut d’avoir des arguments concrets.

Pour aller encore plus loin, l’argument qui voudrait considérer l’IVG comme un crime sous prétexte que c’est un être humain en devenir qu’on met à mort devrait alors également s’appliquer au cas de la masturbation chez l’homme, puisque comme tout comme l’ovule, le spermatozoïde est un individu en devenir. En effet, il détient un certain nombre d’informations spécifiques qui vont contribuer à en faire une personne bien particulière.

On pourrait arguer que le spermatozoïde n’est un individu en devenir que SI il féconde un ovule ; dans ce cas, il faudra reconnaître qu’il en va de même pour l’embryon : il n’est un individu en devenir que SI tout se passe bien durant la grossesse, ce qui n’est pas toujours le cas.

Plus simplement : on parle bien d’un individu en devenir, on ne parle pas d’un individu de fait. Dire que l’IVG est un crime, c’est finalement annihiler cette distinction de taille qu’il y a entre « en devenir » et « de fait ».

De toute évidence, les propos visant à l’interdiction de l’IVG ne se préoccupent pas vraiment des problèmes liés à la santé tant physique que psychologique de l’individu, et encore moins des circonstances sociétales. Les seules raisons qui sont avancées avec un tant soit peu de consistance sont pour la plupart d’ordre moral. Il s’agit pourtant avant tout d’une question de santé.

Pour ce qui est de l’ordre moral, combien de Bonnes-soeurs et Dames de la Cour sont allées voir des faiseuses d’ange ?

L’ordre moral a décidément toujours eu beau jeu de vouloir donner des leçons.

Bien évidemment, il faut respecter la vie, mais force est de constater que pour certains, il faudrait avoir plus de respect pour le stade embryonnaire que pour un individu pleinement formé. C’est assez curieux d’avoir à ce point tant de respect pour un embryon et ensuite lui nier, si cet embryon devient une femme, toute considération dans son droit de disposer de son corps. Manifestement, que l’embryon doive parvenir à son achèvement pèse plus que la considération du droit de la femme à disposer de son corps.

Faire passer l’IVG comme un meurtre fait du médecin et de la femme, des meurtriers ; de même que ceux qui seraient tolérants vis-à-vis de l’IVG sont des pousse-au-crime. Mais à ce compte-là, quand le Pape Jean-Paul II conspuait l’usage du préservatif en prétextant que le VIH était une sorte de punition divine, n’était-il pas, lui aussi, un meurtrier, quand on sait l’influence de ce personnage dans certaines populations africaines…

Si meurtriers il y a, ce ne sont pas ceux qui pratiquent l’IVG ou la subissent, mais ceux qui voudraient l’interdire ou la permettre seulement en cas de viol, et qui, pour ce faire, peuvent aller jusqu’à s’en prendre violemment à des médecins. D’autant que dans l’hypothèse de l’interdiction de l’IVG, quelle peine risquerait-on si on outrepassait cet interdit ? On sait à quel point, bien souvent, ceux qui hurlent contre l’avortement sont aussi ceux qui souhaitent le retour de la peine de mort, alors dénoncer un « meurtre » pour éventuellement le distribuer ailleurs, est-ce bien cohérent ?

Mais tout ceci est encore un autre débat…

(1) Pratique de la philosophie de A à Z , Elisabeth Clément, Chantal Demonque, Laurence Hansen-Love et Pierre Kahn.
(2) Citation de Bichat.

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Lorsque l’on parle de l’IVG, il y a toujours quelqu’un pour nous dire que :

  • C’est un acte criminel
  • On s’octroie le droit de vie ou de mort sur autrui
  • Bon nombre de femmes abusent en prenant ça pour une simple contraception.
  • Certes, un accident peut arriver mais qu’il est tout à fait possible d’élever un gamin à 16 ans.
  • Tout ceci est la regrettable conséquence des luttes de « féministes décérébrées ».

J’en passe et des meilleures.

Selon moi, tous ces arguments sont caduques et/ou erronés voire révoltants. De plus, tout cela infantilise (pour ne pas dire criminalise) la femme.

Me concernant, j’estime que l’avis de la femme prime avant toute chose, elle a le droit de disposer de son corps comme elle l’entend, sans devoir subir une éventuelle future interdiction de l’avortement qui se révélerait désastreuse. Pensez aux avortements clandestins, eux, ne cesseront pas, l’information sur la contraception n’en sera pas pour autant renforcée, et les accidents de contraception ne chuteront pas non plus. Si nous en arrivions là, le crime ne serait plus l’IVG mais le meurtre de la femme qui, malgré tout, souhaitera avorter pour des raisons que nous n’avons pas à juger et pourra y laisser sa peau… Les faiseuses d’ange c’est bien joli mais ce sont rarement des médecins expérimentés.

Je pense très sincèrement que pouvoir avoir et élever un enfant quand on le souhaite et quand on se sent prête est un droit. Sans ça, il peut y avoir de nombreux dégâts. Dire que beaucoup de femmes considèrent l’avortement comme une sorte de contraception me semble tout à fait erroné. Il y a un monde entre subir un acte médical lourd et parfois traumatisant (pensez à certains praticiens « orientés » qui ne prendront pas la peine de poser une anesthésie pour « punir » les femmes) et utiliser un contraceptif.

this-is-not-a-person

Ensuite, il me semble essentiel de définir ce qu’est la vie et un être vivant. Prenons comme référence le livre « Pratique de la philosophie de A à Z » (1).

Il est dit de la vie et d’un être vivant qu’il peut se nourrir et se développer (grâce à une relation constante avec le monde extérieur), qu’il peut se reproduire, qu’il est capable, au moins partiellement, de s’auto-réguler (par exemple : sécrétion d’anticorps en cas de maladie ou bien s’auto-réparer comme dans le cas de la cicatrisation).

D’une certaine manière, la vie est « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » (2).

Par ailleurs, ce qu’on appelle un organisme désigne un système existant par soi et dont tous les organes sont interdépendants et ont des fonctions qui concourent à la définition d’un tout.

De fait, ce n’est pas parce que l’on considère que l’embryon est un individu en « pré-formation » qu’on le réduit pour autant à un « vulgaire amas de cellules » (comme on peut si souvent l’entendre) ; tout cela semble être de la manoeuvre rhétorique pour jeter le discrédit sur les personnes étant pour l’avortement. C’est noircir et déformer des propos à défaut d’avoir des arguments concrets.

Pour aller encore plus loin, l’argument qui voudrait considérer l’IVG comme un crime sous prétexte que c’est un être humain en devenir qu’on met à mort devrait alors également s’appliquer au cas de la masturbation chez l’homme, puisque comme tout comme l’ovule, le spermatozoïde est un individu en devenir. En effet, il détient un certain nombre d’informations spécifiques qui vont contribuer à en faire une personne bien particulière.

On pourrait arguer que le spermatozoïde n’est un individu en devenir que SI il féconde un ovule ; dans ce cas, il faudra reconnaître qu’il en va de même pour l’embryon : il n’est un individu en devenir que SI tout se passe bien durant la grossesse, ce qui n’est pas toujours le cas.

Plus simplement : on parle bien d’un individu en devenir, on ne parle pas d’un individu de fait. Dire que l’IVG est un crime, c’est finalement annihiler cette distinction de taille qu’il y a entre « en devenir » et « de fait ».

De toute évidence, les propos visant à l’interdiction de l’IVG ne se préoccupent pas vraiment des problèmes liés à la santé tant physique que psychologique de l’individu, et encore moins des circonstances sociétales. Les seules raisons qui sont avancées avec un tant soit peu de consistance sont pour la plupart d’ordre moral. Il s’agit pourtant avant tout d’une question de santé.

Pour ce qui est de l’ordre moral, combien de Bonnes-soeurs et Dames de la Cour sont allées voir des faiseuses d’ange ?

L’ordre moral a décidément toujours eu beau jeu de vouloir donner des leçons.

Bien évidemment, il faut respecter la vie, mais force est de constater que pour certains, il faudrait avoir plus de respect pour le stade embryonnaire que pour un individu pleinement formé. C’est assez curieux d’avoir à ce point tant de respect pour un embryon et ensuite lui nier, si cet embryon devient une femme, toute considération dans son droit de disposer de son corps. Manifestement, que l’embryon doive parvenir à son achèvement pèse plus que la considération du droit de la femme à disposer de son corps.

Faire passer l’IVG comme un meurtre fait du médecin et de la femme, des meurtriers ; de même que ceux qui seraient tolérants vis-à-vis de l’IVG sont des pousse-au-crime. Mais à ce compte-là, quand le Pape Jean-Paul II conspuait l’usage du préservatif en prétextant que le VIH était une sorte de punition divine, n’était-il pas, lui aussi, un meurtrier, quand on sait l’influence de ce personnage dans certaines populations africaines…

Si meurtriers il y a, ce ne sont pas ceux qui pratiquent l’IVG ou la subissent, mais ceux qui voudraient l’interdire ou la permettre seulement en cas de viol, et qui, pour ce faire, peuvent aller jusqu’à s’en prendre violemment à des médecins. D’autant que dans l’hypothèse de l’interdiction de l’IVG, quelle peine risquerait-on si on outrepassait cet interdit ? On sait à quel point, bien souvent, ceux qui hurlent contre l’avortement sont aussi ceux qui souhaitent le retour de la peine de mort, alors dénoncer un « meurtre » pour éventuellement le distribuer ailleurs, est-ce bien cohérent ?

Mais tout ceci est encore un autre débat…

(1) Pratique de la philosophie de A à Z , Elisabeth Clément, Chantal Demonque, Laurence Hansen-Love et Pierre Kahn.
(2) Citation de Bichat.

Articlepublie´Sobusygirls-rouge

La connerie sur la toile

En surfant sur la toile, parfois je lis des choses qui peuvent me faire tomber de ma chaise, comme à l’instant.

Alors je ne donnerais pas le nom du site (on s’en fiche), mais sur ledit blog, l’auteur dénonce le fait que certains médicaments soient encore en vente alors qu’ils sont considérés comme étant « dangereux » et à côté de ça, il y a des articles sur « Comment maigrir le plus vite possible ».

Et je ne compte pas les publicités qui pullulent et qui vantent tel ou tel produit (dangereux eux aussi).

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Cela me semble hallucinant : dénoncer une chose d’un côté et prôner le « mincir à tout prix » de l’autre en sachant que ça peut être tout aussi dangereux.

Tout ça est d’une bêtise sans nom. (à moins que tout cela serve à garnir un porte-monnaie et là c’est simplement de la mauvaise foi ;-))

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