Le passé de Nantes

Nantes, une ville au passé pas toujours reluisant.

Fin du XVIIe et XVIIIe siècle :

En 1685, le Code Noir (nom qui est donné  à un ensemble de textes juridiques réglant la vie des esclaves noirs dans les îles françaises) est promulgué par Louis XIV. Grâce à cette dernière loi, le port de Nantes prospère en devenant une plaque tournante du commerce de sucre, tabac, et des esclaves, avec les colonies.

Commerce Triangulaire et Traite des Noirs :

Le commerce triangulaire, aussi appelé traite atlantique ou traite occidentale, est une traite négrière menée au moyen d’échanges entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, pour assurer la distribution d’esclaves noirs aux colonies du Nouveau Monde (continent américain), pour approvisionner l’Europe en produits de ces colonies et pour fournir à l’Afrique des produits européens et américains.

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Nantes se développe grâce à ses circuits commerciaux hérités du Moyen Âge ; puis, vient l’époque des colons et des « engagés blancs » qui vont développer l’économie coloniale aux Antilles.

Mais l’enrichissement de Nantes va venir avec le développement du commerce des esclaves noirs d’Afrique, dit commerce triangulaire.

Si Nantes n’est pas le seul port français à avoir pratiqué la traite négrière (des expéditions sont parties de Bordeaux, Rouen, La Rochelle, mais aussi de Brest, Lorient, Vannes, etc.), elle en est la pionnière : entre 1707 et 1711, 75 % des navires négriers en partent.

Dans la période de 1722 à 1744, la part nantaise du trafic est de 50 %, puis cette part croît de nouveau jusqu’en 1762, avant de décliner pour atteindre 32 % entre 1782 et 1792.

Au total, au cours du XVIIIe siècle le port de Nantes a affrété des navires qui ont embarqué 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française. Enrichissant considérablement certains armateurs, ce commerce est à l’origine de constructions qui ornent aujourd’hui encore la ville (théâtre, bourse, hôtels particuliers du centre, île Feydeau, etc.)
Nantes sera la dernière place forte de la traite, celle-ci n’y prenant fin qu’en 1831 : entre 1814 et 1831, au moins 50 000 Noirs sont transportés par des bateaux nantais ou commandités depuis Nantes, malgré les interdictions successives.

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Une architecture liée à ce sombre passé

En 1848, après de longs combats, est votée l’abolition de l’esclavage, en grande partie grâce au combat mené par Victor Schœlcher. Nantes tourne la page mais, entre cynisme et mauvaise conscience, elle est recouverte du manteau du silence et de l’oubli.

Il faut attendre les années 1990 pour que des Nantais entament avec la Municipalité une démarche volontaire pour regarder l’histoire en face.

En 1998, à l’occasion du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le Conseil municipal décide d’édifier un monument commémoratif.
Le projet définitif est présenté en 2005 et les travaux débutent en 2010. le mémorial est conçu par l’artiste polonais Krzysztof Wodiczko et l’architecte americano-argentin Julian Bonder.
L’inauguration a eu lieu le 25 mars 2012 en compagnie, entre autres, de Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes et initiateur du projet ; mais aussi de l’ancien président du Bénin, Nicéphore Soglo ; de la députée de la Guyane, Christiane Taubira ; ou encore de l’ancien footballeur Lilian Thuram.

Mémorial de l’abolition de l’esclavage :

Le mémorial a été construit sur le quai de la Fosse, entre le bâtiment de l’ancienne capitainerie de port et du pont Anne-de-Bretagne. De plus, il se trouve à environ 200 mètres à l’ouest de la passerelle Victor Schœlcher.

Sur une esplanade végétalisée, 2 000 plaques commémoratives rappellent les expéditions négrières parties de Nantes, ainsi que les principaux comptoirs de traite en Afrique et en Amérique. Un parcours méditatif, ponctué de citations du monde entier en rapport avec l’esclavage, s’insère dans le quai de Loire.

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Entrée du Mémorial

« Une mémoire assumée et de nouveaux combats pour aujourd’hui et pour demain. Depuis, Nantes poursuit ce chemin de la mémoire retrouvée. En vingt ans, il a été jalonné d’actions locales et internationales : coopération et jumelages avec des villes africaines et sud-américaines, soutien aux associations, organisation du Forum Mondial des Droits de l’Homme, ouverture de salles consacrées à la traite négrière au Musée d’histoire de Nantes, ouverture de l’Institut des Etudes Avancées avec son approche originale des rapports nord-sud, etc. Enfin, en 2012, l’édification du Mémorial en hommage à tous ceux qui ont lutté, qui luttent et lutteront contre l’esclavage, vient clore un cycle et en ouvrir un autre : celui du présent et de l’avenir. »

Source du texte ci-dessus ici !

Citation de l’historien Eric Saugera :

« Plus qu’ailleurs, Nantes fit sienne l’argumentation négrière majeure : les colonies sont indispensables à la richesse nationale, les Noirs sont indispensables à leur mise en valeur, la traite est indispensable à son renouvellement. « 

Quelques photos du Mémorial :

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Sources pour cet article : http://memorial.nantes.fr/ http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9morial_de_l’abolition_de_l’esclavage et moi 😉

Il n’a pas plu sur Nantes.

Si vous savez à quoi mon titre fait référence vous gagnez ma reconnaissance éternelle.

Bref, je reviens de Nantes, c’était chouette, super, formidable, génial et plein d’autres adjectifs de cet acabit.

Comme je suis quelque peu fourbue, je ne ferais pas un vrai article aujourd’hui, je vous laisse seulement avec une photo (pas très bonne j’en ai conscience), prise au Jardin des Plantes.

Ces charmantes petites bêtes ont voulu mâchouiller mon foulard, mon débardeur mais c’était rigolo 🙂

J’ai hâte de revenir chez moi (et de vous rencontrer chères blogueuses nantaises) !

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Les Nantais et Paris : tout ce qu’il faut savoir pour votre arrivée dans la capitale

Quid des nantais lors de leur émigration vers la capitale et ses autochtones ?

Voici le petit top de ce qu’il vous arrivera lors de votre entrée chez les parisiens !

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La Grande Dame

Si tu as le malheur de dire que tu viens de la Bretagne, en précisant Nantes : ton interlocuteur va te rétorquer que Nantes, ce n’est pas la Bretagne.
Et là tu auras envie de lui faire bouffer son vélib’ en lui demandant où se situe le Château des Ducs de Bretagne et depuis quand Nantes n’est plus considérée comme ville bretonne (depuis le gouvernement de Vichy, imbécile).

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Château des Ducs de Bretagne

Un autre cas très répandu : ton interlocuteur va te demander d’organiser une soirée galettes (crêpes salées à la farine de blé noir), juste pour le fun, comme si on savait tous les faire ; eh je suis pas restauratrice moi !
 
Lorsque tu prendras le métro : une fois sur deux, tu t’entendras dire « Bon, on prend le tram là ». Rassure-toi, c’est normal, tu n’es pas encore totalement sevré de ta région, ça arrive ; à Paris, même s’il y a quelques tramways, c’est le métro qui prime. Tu copieras 100 fois : « je prends le métro ». Ainsi tu ne feras plus l’erreur.
 
On t’a toujours dit que le quartier Montparnasse était celui des bretons : c’est pourquoi tu chercheras une bonne crêperie, tu chercheras… tu chercheras… et tu ne la trouveras jamais ! L’endroit le plus breton de Paris, c’est la boutique « Le Comptoir irlandais »…

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Une crêperie de Nantes

Lors de la fête de la musique, innocemment tu demanderas s’il y a des bagadoù, on te regardera avec des yeux ronds avec l’option : « c’est de la musique africaine ? ». Puis, ton interlocuteur explosera de rire lorsque tu lui expliqueras que c’est un groupe habillé en noir et blanc avec des cornemuses et tout le tintouin (c’est du vécu). En rentrant, tu pleureras de n’avoir pu danser en rond en tenant le petit doigt des autres bretons nostalgiques.
 
En faisant tes courses : le beurre demi-sel, tu chercheras. Accroche-toi ! Le beurre doux est à l’honneur ici, et le salé est tout derrière avec un moindre choix. Quant au beurre à la fleur de sel de Guérande, oublie directement ou retourne pleurer chez tes parents où là, dans le frigo, trônera une magnifique motte de beurre salé !
 
Allez, une dernière anecdote pour la route !
Toujours tu entendras : « mais dans ta région il pleut tout le temps », surtout ne t’énerve pas, ça encouragera ton interlocuteur à croire cette grossière rumeur.

Pour finir : si t’es fier d’être un nantais, tape dans tes mains ! (ah non, là c’est trop, peut-être)

Afin de conclure sur une note plus sérieuse, j’aime vivre à Paris pour tout ce que cette ville a à offrir, et en général lorsque je dis que je viens de Nantes, ou plus généralement de la Bretagne, ça interpelle toujours un petit peu les gens.

Alors, vous qui me lisez et venez d’un peu partout, qu’est-ce qui vous manque ou vous interroge lorsque vous quittez votre région ?

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